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Stock, achats et pertes

Gérer le stock d’un magasin sans y passer ses soirées

En bref

Pour gérer le stock d’un magasin sans y passer ses soirées, fermez les quatre fuites : ventes non enregistrées, arrivages non saisis, pertes non déclarées et erreurs de réception. Surveillez de près les articles qui font la recette, avec un seuil d’alerte, et comptez un rayon par semaine. Avec Caisse Mahali, chaque vente déduit le stock.

Couverture du guide « Gérer le stock d’un magasin sans y passer ses soirées » : des cartons empilés à côté d’une fiche de stock avec des niveaux par article

Le stock d’un magasin se gère souvent le soir, porte fermée, un cahier sur le comptoir : on recompte les rayons, on devine ce qui manque, on appelle le fournisseur le lendemain en espérant ne rien oublier. Cette méthode use le commerçant et laisse passer l’essentiel : les ruptures sur les articles qui font la recette, et l’argent immobilisé dans ceux qui ne partent pas. Un stock juste ne demande pas des soirées entières ; il demande quelques gestes réguliers, faits au bon moment. Ce guide les décrit, avec ou sans outil. Pour le versant logiciel, notre page sur le logiciel de gestion de stock présente ce qu’une caisse reliée au stock doit faire.

Pourquoi le stock d’un magasin dérape-t-il sans qu’on le voie ?

Le stock « théorique », celui que vous croyez avoir, s’éloigne du stock réel par quatre portes. Chacune paraît petite ; ensemble, elles expliquent la plupart des mauvaises surprises.

  • Les ventes non enregistrées. Un article vendu « en vitesse » sans passer en caisse sort du rayon mais reste dans les comptes. Le jour où vous commandez, vous croyez en avoir encore.
  • Les arrivages non saisis. Une livraison posée dans la réserve, jamais comptée ni saisie, fait l’inverse : le stock paraît vide alors que les cartons sont là, et vous recommandez pour rien.
  • Les pertes non déclarées. Un pot cassé, un yaourt périmé, un article offert à un bon client : s’ils ne sont pas notés, ils deviennent des « trous » que personne ne sait expliquer.
  • Les erreurs de réception. Un carton manquant chez le livreur, un article facturé mais non livré : si personne ne compte à l’arrivée, l’écart est payé et oublié.
Schéma du stock théorique entouré de quatre fuites : ventes non enregistrées, arrivages non saisis, pertes non déclarées, erreurs de réception, chacune avec le geste qui la ferme
Les quatre portes par lesquelles le stock réel s’éloigne du stock théorique, et le geste qui ferme chacune.

La bonne nouvelle, c’est que ces quatre portes se ferment par des gestes simples, à l’endroit où la marchandise entre et sort. Pas besoin de tout recompter chaque soir : il suffit que chaque mouvement laisse une trace.

Comment organiser les entrées et les sorties au quotidien ?

À la réception : compter avant de signer

Comptez la livraison devant le livreur, carton par carton, et comparez au bon de livraison avant de le signer. Un écart se règle sur le moment ; le lendemain, il devient votre perte. Saisissez ensuite l’entrée en stock le jour même, avant de ranger : une marchandise rangée sans être saisie est une marchandise que le système ignore.

Si vous recevez souvent, désignez une seule personne pour les réceptions. Deux personnes qui réceptionnent « à moitié » produisent des entrées en double ou oubliées.

À la vente : tout passe par la caisse

La règle ne souffre pas d’exception : chaque article vendu passe en caisse, y compris le paquet de mouchoirs vendu pendant que la file attend. Le lecteur de codes-barres aide beaucoup : il est plus rapide que la saisie, et il ne se trompe pas d’article. Pour les produits sans code, une étiquette interne fait le même travail.

Les pertes : déclarer, avec un motif

Casse, produit périmé, article abîmé, offert : chaque sortie qui n’est pas une vente se déclare, avec son motif. Le motif compte autant que la quantité. Beaucoup de casse dans un rayon appelle un rangement revu ; beaucoup de périmés appellent des commandes plus petites. Sans motif, vous voyez un chiffre ; avec le motif, vous voyez la cause. Notre guide pour déclarer la casse, les périmés et les offerts détaille les motifs à prévoir.

Quels articles surveiller de près, et lesquels laisser tranquilles ?

Tous les articles ne méritent pas la même attention. Un magasin de quartier peut compter des centaines de références ; il est impossible de toutes les suivre de près, et inutile de le faire. La méthode dite ABC classe les articles en trois groupes :

  • A, les articles qui font la recette. Quelques dizaines de produits représentent une grosse part des ventes : l’eau, l’huile, le lait, les produits phares de votre métier. Une rupture sur l’un d’eux fait partir le client chez le voisin. Ce sont ceux que l’on compte souvent et que l’on commande avec un seuil d’alerte.
  • B, les articles réguliers. Ils tournent sans éclat. Un contrôle de temps en temps suffit.
  • C, les articles de fond de rayon. Nombreux, peu vendus. Leur risque n’est pas la rupture mais l’argent qui dort : on les commande en petite quantité et on surveille les dates.
Trois étagères classées A, B et C : peu d’articles A qui font la recette et se comptent souvent, des articles B réguliers, beaucoup d’articles C à commander en petite quantité
Le classement ABC : l’attention va d’abord aux articles qui font la recette.

Pour les articles A, fixez un seuil d’alerte : la quantité en dessous de laquelle il faut commander. Il dépend de deux choses que vous connaissez déjà : combien vous en vendez par jour, et combien de jours le fournisseur met à livrer.

Revoyez les seuils quand la saison change : Ramadan, rentrée scolaire, été. Un seuil juste en hiver peut être trop bas en août.

L’épicier de quartier peut aller plus loin avec le guide pour éviter les ruptures en épicerie sans tout compter, qui adapte ce seuil aux passages des distributeurs.

Comment gérer le stock d’un magasin avec une routine courte ?

Le secret des magasins bien tenus n’est pas un grand inventaire annuel, mais une routine courte et régulière. Voici celle que nous recommandons :

  1. Chaque jour, en ouvrant ou en fermant : regardez la liste des ruptures et des articles sous leur seuil, et préparez la commande.
  2. Chaque semaine : comptez un rayon, un seul, en tournant. Comparez au stock théorique et corrigez l’écart. En quelques mois, tout le magasin est passé en revue sans jamais fermer.
  3. Chaque mois : relisez les pertes par motif et les articles qui n’ont pas bougé. Décidez quoi ne plus commander, quoi mettre en avant, quoi solder.
Routine en trois niveaux : chaque jour les ruptures et la commande, chaque semaine un rayon compté en tournant, chaque mois la lecture des pertes et des articles dormants
Une routine courte et régulière remplace le grand inventaire annuel.

Le comptage tournant de l’étape 2 se fait boutique ouverte, à condition de respecter quelques règles : compter par zone, noter l’heure, corriger par l’écart plutôt qu’en remplaçant le chiffre. Notre guide pour faire un inventaire sans fermer la boutique détaille la méthode pas à pas.

Quelles erreurs font perdre du temps chaque semaine ?

  • Tout compter une fois par an. Le grand inventaire de fin d’année arrive trop tard : les écarts ont eu douze mois pour s’accumuler et leur cause est oubliée. Le comptage tournant les attrape pendant qu’on s’en souvient.
  • Oublier les déclinaisons. Dans une boutique de vêtements ou de chaussures, « chemise bleue » ne suffit pas : c’est le M qui manque, pas le L. Le stock doit se tenir taille par taille et couleur par couleur, comme le détaille la page consacrée aux boutiques de mode.
  • Ranger avant de saisir. Une entrée saisie « plus tard » est souvent saisie deux fois, ou jamais.
  • Laisser la réserve ouverte à tous. Quand tout le monde prend dans la réserve sans rien noter, le stock de la réserve ne veut plus rien dire. Désignez qui y entre, ou notez chaque sortie.
  • Confondre stock et commande. Commander « au feeling », en regardant le rayon, conduit aux mêmes ruptures chaque semaine. Le seuil d’alerte fait ce travail mieux que l’œil.

Pour une épicerie ou une supérette, où les références se comptent par centaines, la page sur les épiceries montre comment le catalogue et le stock s’organisent par rayon.

Avec Caisse Mahali, comment le stock se tient-il à jour ?

Caisse Mahali est une plateforme de caisse et de gestion : la caisse et le stock y sont un seul outil, ce qui ferme d’emblée la porte des ventes non enregistrées.

  • Chaque vente déduit le stock. Le stock bouge avec chaque ticket, et vous consultez les mouvements, les ajustements, une synthèse et un rapport. Une vente annulée, qui exige une autorisation, restitue le stock.
  • Les articles en rupture ou sous leur seuil sont signalés dans l’écran du stock, article par article.
  • Les entrées et les corrections se saisissent avec leur motif (réapprovisionnement, perte, ajustement, retour), et chaque mouvement reste dans l’historique de l’article.
  • Les pertes se déclarent depuis la caisse : casse, produits périmés et offerts, avec leur motif et leur auteur.
  • Les codes-barres se scannent, et la caisse génère des codes internes pour les articles qui n’en ont pas.
  • Les déclinaisons (taille, couleur, contenance) ont chacune leur propre stock.
  • Le catalogue de départ : l’établissement démarre avec un catalogue de 21 856 références classées en 458 rayons, avec prix indicatif, photo et souvent code-barres, que vous ajustez au lieu de tout saisir.
  • Le suivi à distance : le chiffre du jour et la ventilation des ventes se consultent à distance, et chaque employé se connecte avec son propre code et un PIN à 6 chiffres, selon des droits par rôle.

Voyez-le sur vos propres articles : une démonstration part de votre rayon, pas d’un catalogue d’exemple.

Questions fréquentes

Que faire des articles qui ne se vendent plus ?

Un article dormant immobilise de l’argent et de la place. Arrêtez de le recommander, mettez-le en avant près de la caisse ou soldez-le, puis retirez-le du rayon s’il ne part toujours pas.

Comment savoir quand commander un article ?

Fixez un seuil d’alerte : ce que vous vendez par jour, multiplié par le délai de livraison du fournisseur, plus une marge pour les jours chargés. Sous ce seuil, vous commandez.

Faut-il déclarer les articles offerts à un client ?

Oui. Un article offert sort du rayon sans passer en vente : non déclaré, il devient un écart inexpliqué. Avec Caisse Mahali, les offerts se déclarent comme les pertes, avec leur motif et leur auteur.

Un cahier suffit-il pour tenir le stock d’un petit magasin ?

Il suffit tant que chaque vente et chaque arrivage y sont notés, ce qui est rare un jour chargé. Une caisse reliée au stock enlève ce travail : la vente déduit l’article au moment où elle se fait.

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