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Guides par métier

Boucherie, poissonnerie, crémerie : vendre au kilo et suivre les pertes du frais

En bref

Pour vendre au kilo sans perdre sa marge, calculez le coût d’un kilo réellement vendable après parage, saisissez le poids dans la bonne unité et relisez chaque ligne, puis notez chaque perte le jour même avec son motif et son auteur. Caisse Mahali calcule le prix quand le vendeur saisit le poids.

Couverture du guide « Vendre au kilo et suivre les pertes du frais » : un poisson, un morceau de fromage et une étiquette de prix au kilo sur un comptoir

Dans une boucherie, une poissonnerie ou une crémerie, la marge ne se perd pas d’un coup : elle s’évapore. Un peu dans l’os et le parage, un peu dans l’eau que perd la viande au froid, un peu dans le poisson qui n’a pas trouvé preneur, un peu dans la tranche de fromage offerte à goûter. Deux gestes la protègent : vendre juste au kilo, avec un prix qui tient compte de ce qu’on jette, et noter chaque perte pour savoir où part la marchandise. Pour l’ensemble des besoins du métier, voyez aussi notre page sur la caisse pour boucherie.

Comment fixer un prix au kilo qui tient compte de ce qu’on jette ?

Une erreur très répandue consiste à calculer sa marge sur le prix d’achat au kilo, comme si tout ce qu’on achète se revendait. Or une pièce de viande perd son os, son gras et ses parures ; un poisson perd sa tête, ses arêtes et ses écailles ; une meule de fromage perd sa croûte et ses talons. Ce que vous vendez pèse moins que ce que vous avez payé.

Le bon calcul part donc du rendement : la part de la marchandise achetée qui finit réellement sur le ticket. On le mesure soi-même, produit par produit, en pesant avant et après la préparation, sur plusieurs arrivages pour lisser les écarts.

Barre des kilos achetés découpée en trois parts, vendable, os et parage, freinte, puis la formule du coût d’un kilo vendable : coût d’achat divisé par les kilos vendables
La marge se calcule sur le kilo vendable, pas sur le kilo acheté.

Le coût de revient d’un kilo vendable se calcule alors simplement : le coût d’achat divisé par le nombre de kilos réellement vendables. C’est sur ce coût, et non sur le prix d’achat, que vous posez votre marge.

Refaites ce calcul quand le fournisseur change, quand la découpe change, ou quand la saison modifie la qualité de la marchandise. Un rendement noté une fois pour toutes devient vite faux.

Comment peser et encaisser sans erreur au comptoir ?

Au comptoir, la vente au kilo cumule trois risques : un mauvais poids, un mauvais prix au kilo, ou une confusion entre les deux. Une routine simple les écarte.

  1. Choisir l’article vendu au kilo, jamais un article « à la pièce » voisin. Un même produit peut exister à la pièce, emballé, et au kilo, à la coupe : deux fiches distinctes, deux noms clairs.
  2. Saisir le poids dans l’unité que la caisse attend. Certaines caisses demandent des kilos avec la virgule, d’autres des grammes qu’elles convertissent elles-mêmes. Sachez laquelle est la vôtre, et lisez le poids affiché avant de valider : une barquette de trois cent cinquante grammes doit apparaître comme « zéro virgule trois cent cinquante » kilo. La faute classique consiste à confondre grammes et kilos : le montant devient absurde, et un caissier pressé peut ne pas le voir.
  3. Retirer l’emballage du poids : la barquette, le papier, la glace du poisson ne se vendent pas au prix de la sole.
  4. Relire le montant avant d’encaisser, et le comparer à l’ordre de grandeur habituel. Un kilo de viande hachée ne coûte jamais le prix d’un agneau entier.
Ticket stylisé dont une ligne au kilo est annotée en trois points, poids saisi, prix au kilo, montant calculé, avec un encadré sur l’erreur des grammes tapés comme des kilos
Une ligne au kilo se relit en trois points avant d’encaisser.

Le ticket doit montrer au client le poids, le prix au kilo et le montant de la ligne. C’est sa preuve, et c’est la vôtre en cas de contestation.

Quelles pertes du frais faut-il noter, et comment ?

Toutes les pertes ne se traitent pas de la même façon. Il y a celles qui se prévoient, et celles qui s’enregistrent.

  • Les pertes prévues sont le parage, l’os, les arêtes, la croûte, et la freinte, cette perte de poids naturelle d’un produit au froid. Elles font partie du métier et se retrouvent dans le rendement, donc dans le prix au kilo. Inutile de les déclarer une par une.
  • Les pertes à enregistrer sont tout le reste : l’invendu abîmé, le produit périmé, la casse, le morceau tombé au sol, la dégustation offerte, le geste commercial. Celles-là doivent être notées, chaque jour, avec la quantité, le motif et le nom de la personne qui l’a constatée.
Deux familles de pertes : celles qui se prévoient dans le prix, parage et freinte, et celles qui s’enregistrent chaque jour, invendus abîmés, périmés, casse, dégustations, avec la fiche type d’une perte
Ce qui se prévoit va dans le prix ; ce qui s’enregistre se note le jour même, avec son auteur.

Le nom compte autant que le motif. Il ne s’agit pas de soupçonner l’équipe : une perte signée est une perte expliquée, et un vendeur qui sait que chaque sortie est notée jette moins vite. Notez la perte au moment où elle arrive, pas en fin de semaine de mémoire.

Le guide pour déclarer la casse, les périmés et les offerts détaille la méthode, valable pour tous les commerces.

Comment lire ses pertes chaque semaine pour ajuster ses achats ?

Une perte notée ne sert que si on la relit. Une fois par semaine, rapprochez trois chiffres par famille de produits : ce que vous avez acheté, ce que vous avez vendu, ce que vous avez déclaré en perte.

  • Si les pertes d’une famille montent d’une semaine à l’autre, commandez moins de ce produit, ou moins souvent.
  • Si le stock théorique et le stock compté divergent alors que les pertes sont faibles, il manque des déclarations : c’est là qu’il faut regarder.
  • Si un produit est souvent offert en dégustation sans faire vendre, arrêtez de l’offrir.

Un inventaire régulier de la chambre froide rend ce rapprochement fiable. Le guide de l’inventaire sans fermer la boutique montre comment compter par zone, sans interrompre les ventes.

Poissonnerie et crémerie : quelles particularités ?

En poissonnerie, l’arrivage est quotidien et le prix d’achat change d’un jour à l’autre. Le prix au kilo affiché doit donc être revu chaque matin, avant l’ouverture. Le rendement varie beaucoup selon que le client prend le poisson entier ou le fait vider et fileter : fixez un prix pour chaque préparation plutôt qu’un seul pour tout. Pour la poissonnerie en particulier, voyez la page caisse pour poissonnerie.

En crémerie, deux mondes cohabitent : les produits emballés, vendus à la pièce avec leur code-barres, et les fromages à la coupe, vendus au kilo. Séparez-les clairement dans la caisse. Les pertes se concentrent sur la coupe : talons, croûtes, fins de meule. La page caisse pour crémerie résume les besoins propres à ce commerce.

Chez le primeur, la difficulté est ailleurs : le prix change chaque matin, comme l’explique le guide pour changer ses prix de fruits et légumes chaque matin.

Avec Caisse Mahali, comment vendre au kilo et suivre les pertes ?

Caisse Mahali est une plateforme de caisse et de gestion ; pour les métiers du frais, elle couvre les deux gestes de ce guide, avec une limite à connaître.

  • Vente au prix au kilo. Un article se vend au kilo : le vendeur saisit le poids, le prix se calcule. Limite : le poids est saisi à la main par le vendeur, rien ne le transmet à la caisse à sa place.
  • Pertes. On déclare la casse, les produits périmés et les offerts, avec leur motif et leur auteur.
  • Stock. Chaque vente déduit le stock, avec les mouvements, les ajustements, une synthèse et un rapport. Après le comptage, l’écart se saisit en plus ou en moins avec son motif ; l’arrivage s’enregistre par une entrée de réapprovisionnement, avec une note.
  • Codes-barres. Les produits emballés se scannent, et la plateforme génère des codes internes pour ceux qui n’en ont pas.
  • Pilotage. Le chiffre du jour, la ventilation des ventes et les annulations se consultent à distance.
  • Appareils. La caisse fonctionne sur Android, sur Windows et dans un navigateur ; les terminaux fournis par Caisse Mahali tournent sur CM-POS OS et CM-POS Android, et démarrent directement sur la caisse.
  • Support. On parle à une personne depuis la caisse, et la formation de l’équipe se fait en darija, en arabe ou en français.

Commencez par mesurer le rendement de vos trois produits les plus vendus : c’est souvent là que la marge se joue.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer l’os et le parage comme des pertes ?

Non. Ce sont des pertes prévues, qui se retrouvent dans le rendement et donc dans le prix au kilo. On déclare en perte ce qui ne devait pas être perdu : invendus abîmés, périmés, casse, dégustations.

Comment mesurer le rendement d’un produit ?

Pesez la marchandise à la réception, puis ce qui reste de vendable après la préparation. Divisez le second poids par le premier, et refaites la mesure sur plusieurs arrivages.

Un même fromage peut-il être vendu à la pièce et au kilo ?

Oui, à condition de créer deux articles distincts : l’un emballé, vendu à la pièce avec son code-barres, l’autre à la coupe, vendu au kilo. Le vendeur ne doit jamais hésiter entre les deux.

Le poids passe-t-il tout seul dans la caisse ?

Avec Caisse Mahali, non : le vendeur saisit le poids, et le prix de la ligne se calcule. Relire le montant avant d’encaisser reste le bon réflexe.

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