Codes-barres : scanner ses articles et créer ses codes internes
En bref
Pour coder tout son magasin, scannez les articles qui portent déjà un code de fabricant et créez un code interne pour les autres : vrac reconditionné, fabrication maison, articles sans étiquette. Prenez une plage réservée à l’usage interne, un code par article et par variante, et tenez un registre. Caisse Mahali lit les deux et refuse les doublons.
Dans une épicerie ou une supérette, la plupart des articles arrivent avec un code-barres imprimé par le fabricant. Les autres, non : olives et épices remises en sachets, pain du jour, savon beldi, fruits secs, articles de bazar achetés en vrac chez le grossiste. Tant qu’une partie du rayon se vend « de mémoire », le passage en caisse ralentit, les erreurs de prix se multiplient et le stock ne tombe jamais juste. La réponse tient en deux gestes : scanner ce qui porte déjà un code, et créer un code interne propre pour tout le reste. Ce guide complète notre page sur la gestion de stock au Maroc : ici, on s’occupe seulement de l’identification des articles, sans doublons ni conflits.
Que contient le code-barres d’un fabricant ?
Sur les rayons, le code que l’on croise presque partout est l’EAN-13 : 13 chiffres imprimés sous les barres. Il se lit en trois parties.
- Le préfixe. Les premiers chiffres désignent l’organisme GS1 auprès duquel le fabricant a obtenu son code. Pour le Maroc, c’est 611. Ce préfixe dit où le code a été attribué, pas où le produit a été fabriqué : une marque marocaine qui fait produire à l’étranger garde son préfixe, et l’inverse est vrai aussi.
- Le numéro de l’entreprise et de l’article. Le fabricant reçoit une plage de numéros et en donne un à chacun de ses produits, format par format : le petit et le grand paquet d’un même thé n’ont pas le même code.
- La clé de contrôle. Le dernier chiffre se calcule à partir des douze autres. Si la douchette lit mal une barre, le calcul ne tombe plus juste et le code est rejeté au lieu d’appeler un mauvais article.
Les petits emballages portent souvent un EAN-8, plus court, et quelques produits importés d’Amérique du Nord un code UPC, qui compte un chiffre de moins. Un point à retenir pour la suite : un code-barres identifie un article, il ne contient pas son prix. Le prix vit dans votre caisse. Changer un prix ne demande donc jamais de réétiqueter un produit du fabricant.
Quels articles faut-il coder vous-même ?
Faites le tour du magasin avec une question simple : « si je pose cet article sur le comptoir, qu’est-ce que la douchette peut lire ? ». Les articles sans réponse tombent presque toujours dans l’une de ces familles.
- Le vrac reconditionné : olives, épices, fruits secs, légumineuses ou café moulu mis en sachets dans l’arrière-boutique.
- La fabrication maison : pain, msemen, pâtisseries, jus pressés, plats préparés à emporter.
- Les articles sans emballage d’origine : bazar, quincaillerie, accessoires achetés par lot chez un grossiste qui ne code rien.
- Les déclinaisons non distinguées : un même modèle en plusieurs tailles ou couleurs, livré sous un seul code, ou sans code du tout.
- Les étiquettes illisibles : une étiquette froissée, mouillée ou coupée sur tout un lot.
À l’inverse, ne créez jamais de code interne pour un article qui porte déjà un code de fabricant lisible. Vous auriez deux codes pour un même produit : une partie des ventes irait sur une fiche, le reste sur l’autre, et aucun des deux stocks ne serait juste.
Comment créer des codes internes sans conflit ?
Prenez une plage qui ne croisera jamais un vrai produit
La norme GS1 réserve les codes qui commencent par 2 à l’usage interne d’un magasin : aucun fabricant ne reçoit ce préfixe. En construisant vos codes internes sur ce modèle, vous évitez qu’un produit de marque livré demain porte le même code qu’un de vos sachets d’olives. Seule précaution : certains grossistes collent eux aussi des étiquettes de pesée qui commencent par 2 ; vérifiez-en une avant de fixer votre plage. Évitez les codes courts du type « 1 », « 2 », « 3 » : ils finissent par se confondre avec une quantité tapée trop vite, ou avec le code d’un autre article.
Un code, un article, pour toujours
Trois règles suffisent à garder un fichier propre pendant des années :
- Un code par article vendu séparément. Si le petit et le grand sachet d’olives se vendent à des prix différents, ce sont deux articles, donc deux codes.
- Jamais de réattribution. Un article arrêté garde son code dans l’historique ; le nouveau produit en reçoit un nouveau.
- Un registre tenu à jour : le code, la désignation, le format, le rayon et la date de création, reportés le jour même sur la fiche de l’article en caisse. C’est ce registre qui vous évite de créer deux fois le même article quand deux employés s’en occupent.
Choisissez une structure lisible
Rien n’oblige à donner un sens aux chiffres, mais une structure simple aide l’équipe : le 2 réservé, puis deux chiffres pour la famille (épices, olives, boulangerie…), puis un numéro d’ordre, et enfin la clé de contrôle, que la plupart des outils calculent pour vous.
Comment préparer ses codes dans un tableur sans les abîmer ?
Beaucoup de commerçants préparent leur liste d’articles dans un tableur avant de la reprendre en caisse. C’est une bonne idée, à une condition : le tableur ne doit pas « corriger » vos codes. Or, par défaut, il traite une suite de chiffres comme un nombre.
- Les zéros de tête disparaissent. Un code qui commence par 0 perd son premier chiffre et ne correspond plus à rien.
- Les codes longs passent en notation abrégée, avec un « E+ » au milieu des chiffres. Si le fichier est enregistré sous cette forme, les derniers chiffres peuvent être perdus pour de bon.
- Les espaces et les tirets recopiés depuis une facture fournisseur empêchent la correspondance au scan.
La parade est simple : sélectionnez la colonne des codes et mettez-la au format texte avant de coller quoi que ce soit. Ajoutez une colonne qui compte les caractères de chaque code : une ligne qui n’affiche pas la bonne longueur signale une erreur à corriger avant la reprise.
Comment scanner vite et sans erreur au quotidien ?
Le code juste ne sert à rien si le geste au comptoir est hésitant. Quelques habitudes font la différence.
- Testez la douchette avant tout. Branchée, elle se comporte comme un clavier : ouvrez un bloc-notes, scannez un article, le code doit s’afficher en entier puis passer à la ligne.
- Collez l’étiquette à plat, sur une face lisse, jamais à cheval sur la soudure d’un sachet ni sur une courbe serrée. Une étiquette trop petite ou froissée fait perdre plus de temps qu’elle n’en fait gagner.
- Regardez l’écran, pas seulement le bip. Le bip dit que la douchette a lu un code ; seul l’écran dit que c’est le bon article et le bon prix.
- Code illisible : tapez les chiffres, ne cherchez pas l’article par son nom. Le nom mène souvent au mauvais format.
- Article inconnu : ne le vendez pas sous « divers ». Mettez-le de côté et créez sa fiche dès que le comptoir se libère. Chaque vente « divers » est une vente qui manque au stock.
Un inventaire fait sans fermer la boutique est le bon moment pour contrôler l’ensemble : en scannant chaque article du rayon, vous repérez tout de suite ceux qui n’ont pas de fiche ou dont l’étiquette est abîmée. Pour les commerces qui vivent de nombreuses petites références, notre page consacrée à la caisse d’épicerie montre comment ce travail s’organise au quotidien, et celle de la caisse de supérette le décline pour des milliers de références. Avant d’acheter une douchette ou une imprimante d’étiquettes, le diagnostic du matériel vous dit ce que vous pouvez garder.
Avec Caisse Mahali, comment se passent le scan et les codes internes ?
Caisse Mahali est une plateforme de caisse et de gestion pour les commerces du Maroc. Voici ce qu’elle fait sur ce sujet, limites comprises.
- Scan et codes internes. La caisse lit les codes des fabricants comme vos codes internes. Sur la fiche d’un article, chaque code se scanne ou se saisit : un article peut en porter plusieurs, chaque variante a le sien, et un code de carton peut valoir plusieurs unités. Un code déjà rattaché à un autre article est refusé, et les zéros de tête sont conservés. Le code interne, c’est vous qui le choisissez, avec la méthode de ce guide. Le module codes-barres est ouvert dans les commerces qui en ont besoin, comme l’épicerie, la supérette, la boucherie, la boulangerie, la parapharmacie ou la boutique de mode.
- Catalogue de départ. L’établissement démarre avec 21 856 références du commerce marocain, classées en 458 rayons, avec prix indicatif, photo et, souvent, code-barres : une bonne partie du rayon se scanne sans rien saisir.
- Stock. Chaque vente déduit le stock ; les mouvements, les ajustements, la synthèse et le rapport se consultent ensuite.
- Variantes. Taille, couleur et contenance d’un même article se gèrent comme des variantes, chacune avec son stock.
- Inventaire. Après le comptage au scanner, l’écart se saisit en plus ou en moins avec son motif, et chaque mouvement reste dans l’historique de l’article.
- Vente au kilo. Pour le prix au kilo, le vendeur saisit le poids et le prix se calcule ; aucune balance n’est reliée à la caisse.
- Matériel et appareils. Le diagnostic du matériel vous dit ce qui est compatible, et l’abonnement et le matériel sont chiffrés séparément. La caisse fonctionne sur Android, sur Windows et dans un navigateur ; les terminaux fournis par Caisse Mahali tournent sur CM-POS OS et CM-POS Android, et démarrent directement sur la caisse.
Décrivez votre matériel et votre rayon : vous saurez ce qui se scanne déjà et ce qu’il reste à coder.
Questions fréquentes
Faut-il acheter des codes-barres pour vendre ses propres produits dans son magasin ?
Non, tant que le produit ne se vend que chez vous : un code interne suffit. Si vous fabriquez un produit destiné à être revendu par d’autres commerces, il lui faut un code attribué par GS1 Maroc.
Peut-on réutiliser le code d’un article qu’on ne vend plus ?
Évitez-le. L’historique des ventes et du stock resterait attaché à l’ancien article, et les deux produits se mélangeraient dans vos rapports. Un code retiré reste retiré.
Que faire quand la douchette ne lit pas un code ?
Tapez les chiffres imprimés sous les barres plutôt que de chercher l’article par son nom. Si l’étiquette est abîmée sur tout un lot, collez un code interne et notez-le au registre.
Peut-on utiliser ses propres codes internes dans Caisse Mahali ?
Oui, dans les commerces où le module codes-barres est ouvert, comme l’épicerie ou la supérette : vous scannez ou saisissez votre code sur la fiche de l’article. Caisse Mahali ne choisit pas le code à votre place, mais elle refuse un code déjà rattaché à un autre article.
