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Stock, achats et pertes

Conversion des unités entre achat et vente : acheter au kilo, consommer au gramme

En bref

Pour convertir les unités sans erreur, fixez pour chaque matière une unité d’achat, une unité de stock et une unité de recette, et ne convertissez qu’entre unités de même nature : gramme et kilo, centilitre et litre. Jamais du kilo au litre ni de la boîte à la pièce. Caisse Mahali convertit ces unités entre recette et stock.

Couverture du guide « Acheter au kilo, consommer au gramme » : un sac de farine relié par une flèche à une fiche de recette en grammes

La farine arrive en sacs, l’huile en bidons, les œufs en plateaux, le persil en bottes. Mais la recette du chef parle en grammes, en centilitres et en pièces. Entre l’achat et l’assiette, chaque matière change d’unité au moins une fois, et c’est à ce passage que naissent des erreurs de stock très lourdes : une fiche technique écrite en grammes qui retire des kilos, un stock qui devient négatif en deux jours ou qui ne baisse jamais. La conversion des unités entre l’achat et la vente tient en trois décisions : une unité d’achat, une unité de stock, une unité de recette, et des conversions qu’on ne fait qu’entre unités de même nature. Cette discipline est au cœur de toute gestion de stock des matières premières.

Pourquoi une erreur d’unité coûte-t-elle si cher ?

Parce qu’une erreur d’unité ne se voit pas à la vente. Le client est servi, le ticket est juste, la caisse tombe juste. L’erreur ne vit que dans le stock et dans le coût matière, et elle y grossit en silence à chaque plat vendu.

L’erreur classique est celle d’un facteur mille. Un kilo vaut 1 000 grammes : une recette pensée en grammes, appliquée sans conversion à un stock compté en kilos, retire mille fois trop à chaque plat. À l’inverse, une recette écrite en kilos sur un stock tenu en grammes ne retire presque rien : le stock ne baisse jamais, et l’on découvre la rupture le jour où le sac est vide.

Chaîne de trois unités pour la farine : achat au sac, stock au kilo, recette au gramme, avec la conversion faite à la réception puis à la vente
Trois unités par matière : chaque passage de l’une à l’autre doit être écrit, jamais deviné.

Pour éviter ces erreurs, il faut distinguer trois unités pour chaque matière :

  • L’unité d’achat : celle du fournisseur et du bon de commande. Le sac, le bidon, le carton, le kilo.
  • L’unité de stock : celle dans laquelle vous comptez la réserve à l’inventaire. Le kilo de farine, le litre d’huile, la pièce pour les œufs.
  • L’unité de recette : celle de la fiche technique. Le gramme de farine, le centilitre d’huile, l’œuf.

Les trois peuvent être différentes. Ce qui compte, c’est que le passage de l’une à l’autre soit toujours explicite et toujours juste.

Quelles conversions sont sûres, et lesquelles ne le sont jamais ?

Toutes les unités ne se convertissent pas entre elles. Il existe trois familles, et l’on ne convertit qu’à l’intérieur d’une même famille.

Tableau des trois familles d’unités : masse et volume se convertissent à l’intérieur de leur famille, le comptage n’a pas de rapport universel, et masse vers volume est interdit
On ne convertit qu’à l’intérieur d’une même famille ; ailleurs, on choisit une unité et on s’y tient.
  • La masse : milligramme, gramme, kilo. Un kilo vaut 1 000 grammes, partout et toujours.
  • Le volume : millilitre, centilitre, litre. Un litre vaut 100 centilitres, soit 1 000 millilitres.
  • Le comptage : la pièce, la botte, la boîte, le sachet, la bouteille, la portion. Ici, il n’existe aucun rapport universel : une botte de menthe chez un fournisseur n’est pas celle d’un autre, et une boîte peut contenir six ou douze unités selon l’arrivage.

Deux conversions sont donc à proscrire. Passer d’une masse à un volume, du kilo au litre, suppose de connaître la densité du produit : un litre d’huile ne pèse pas un kilo, un litre de miel encore moins. Et passer d’un comptage à un autre, de la boîte à la pièce, dépend du conditionnement du jour. Dans ces deux cas, la bonne réponse n’est pas un facteur approximatif : c’est de choisir une seule unité et de s’y tenir.

Comment choisir l’unité de stock de chaque matière ?

La règle pratique : choisissez l’unité dans laquelle vous pouvez compter la réserve sans calcul, et que la recette peut atteindre par une conversion sûre.

MatièreAchatStockRecette
Farinesackilogramme
Huile d’olivebidonlitrecentilitre
Œufsplateaupiècepièce
Persilbottebottebotte
Viande hachéekilokilogramme

Pour les matières achetées en conditionnements (le sac, le bidon, le plateau), faites la conversion une fois, à la réception : un sac se reçoit en kilos, un plateau en pièces. Le guide du bon de commande et de la réception en stock montre où placer ce contrôle. Pour les herbes et tout ce qui se vend en bottes, gardez la botte de bout en bout : une recette qui dit « un quart de botte » est plus honnête qu’un faux poids.

Comment écrire une fiche technique sans erreur d’unité ?

La fiche technique indique, pour une portion, la quantité de chaque matière. Trois précautions évitent la plupart des erreurs.

  1. Écrivez l’unité sur chaque ligne, jamais un nombre seul. « 8 » ne veut rien dire ; « 8 g » oui.
  2. Portez ce qui sort de la réserve, pas seulement ce qui arrive dans l’assiette. Une carotte épluchée ou une viande parée pèse moins qu’à l’achat. Si la fiche ne retient que le poids net, les épluchures et les parures ne sortent jamais du stock : il reste trop haut, le coût matière paraît trop bas, et l’écart tombe à l’inventaire. Retenez le poids brut, ou gardez le net et déclarez les parures en perte ; mais choisissez une convention et appliquez-la partout.
  3. Refaites le calcul du coût au gramme à partir du prix du conditionnement, et vérifiez-le une fois à la main.

Ce calcul à la main n’est pas une perte de temps : un coût matière absurde est le premier signe d’une erreur d’unité. La méthode complète pour calculer le coût matière d’un plat part de là.

Une fois la fiche juste, chaque vente peut déduire les ingrédients du stock sans écart d’unité.

Comment repérer une erreur d’unité avant qu’elle ne coûte ?

Quelques signaux ne trompent pas :

  • Un stock négatif ou qui chute de façon spectaculaire après quelques ventes.
  • Un stock qui ne baisse jamais alors que le plat se vend chaque jour.
  • Un coût matière aberrant, beaucoup trop haut ou quasi nul, pour un plat pourtant simple.
  • Un écart d’inventaire énorme sur une seule matière, toujours la même.
Comparaison de deux fiches pour la même portion : avec l’unité écrite, le stock baisse d’une petite quantité ; sans unité, lue en kilos, il chute mille fois trop
Le même chiffre sans unité : une erreur d’un facteur mille, invisible à la caisse.

Un test simple se fait au lancement d’un nouveau plat : notez le stock d’une matière, vendez une portion, relisez le stock. L’écart doit correspondre exactement à la quantité de la fiche. Si ce n’est pas le cas, l’erreur est dans l’unité. Dans un restaurant qui compte des dizaines de fiches, ce test vaut pour chaque matière nouvelle. Et quand une matière part en perte (sac déchiré, bidon renversé), déclarez-la dans son unité de stock : le guide sur la casse, les périmés et les offerts explique pourquoi.

Avec Caisse Mahali, comment les unités sont-elles gérées ?

Caisse Mahali est une plateforme de caisse et de gestion pour les commerces du Maroc. La gestion des matières premières, avec les fiches techniques et la conversion des unités, est proposée aux métiers de la restauration : restaurant, café-snack, boulangerie, fast-food et hôtel-riad.

  • Conversion des unités. On achète au kilo et on consomme au gramme sans erreur de calcul. Chaque matière a son unité de stock, choisie parmi le kilo, le gramme, le litre, le millilitre, l’unité, la botte et la boîte, et affichée avec son nom quand on la choisit dans une fiche technique ou un bon de commande : on n’y saisit jamais un nombre seul. Le calcul du stock et du coût matière convertit ensuite entre unités de même nature. Limite : une matière a une seule unité de stock ; un sac ou un plateau se convertit en kilos ou en pièces au moment de la saisie.
  • Unités de nature différente. Passer une matière du kilo au litre est refusé : on crée plutôt une nouvelle matière. Changer l’unité d’une matière dans la même famille, du kilo au gramme par exemple, convertit son stock et son coût au lieu de les réétiqueter, et les fiches techniques qui l’utilisent restent justes.
  • Fiches techniques. Une recette par produit : la vente déduit les ingrédients et le coût matière se calcule.
  • Achats et inventaire. Les matières se commandent par bon de commande, la réception alimente leur stock, et l’inventaire permet de compter puis d’appliquer l’écart.

Pour juger sur pièce, testez vos propres fiches : pendant une démonstration, saisissez un de vos plats, vendez-le, et regardez ce que devient le stock de chaque matière.

Questions fréquentes

Peut-on convertir des kilos en litres ?

Pas sans connaître la densité du produit, qui change d’une matière à l’autre. Mieux vaut choisir une seule famille d’unités pour chaque matière et s’y tenir, de l’achat à la recette.

Comment gérer les œufs achetés en plateaux ?

Stockez-les à la pièce et convertissez le plateau en pièces à la réception, en comptant ce qu’il contient réellement. La recette parle ensuite en pièces, sans conversion.

Faut-il saisir le poids brut ou le poids net dans une fiche technique ?

Pour que le stock suive la réalité, la fiche doit retirer ce qui sort de la réserve, c’est-à-dire le poids brut. Si vous préférez le poids net, déclarez les épluchures et les parures en perte ; sinon elles réapparaissent en écart d’inventaire.

Caisse Mahali convertit-elle les unités pour tous les commerces ?

La conversion des unités accompagne les fiches techniques de la restauration et de la boulangerie : restaurant, café-snack, boulangerie, fast-food et hôtel-riad. Elle ne convertit qu’entre unités de même nature.

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